Évaluation participative de l’état des Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) et de leur contribution aux moyens de subsistance des Peuples Autochtones Bakola de Lolodorf

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Les forêts du bassin du Congo constituent des réservoirs majeurs de biodiversité et jouent un rôle fondamental dans les moyens de subsistance des populations qui y vivent.

Au Cameroun, les Produits Forestiers Non Ligneux représentent une composante importante des économies rurales et de la sécurité alimentaire. Ils comprennent notamment les fruits, graines, noix, feuilles, écorces, résines, plantes médicinales, rotins, champignons, miel ainsi que certains produits d’origine animale. Dans les territoires forestiers du Sud-Cameroun, cette relation entre communautés et forêt est particulièrement forte.

L’arrondissement de Lolodorf constitue à cet égard un espace important pour l’étude des interactions entre populations, ressources forestières et dynamiques de transformation des territoires.

Dans le cadre de ses activités en faveur de la protection de l’environnement, de la résilience des communautés et de la promotion des moyens de subsistance durables, l’OSC ASSAINISSEMENT a réalisé une mission de terrain dans l’arrondissement de Lolodorf, dans le Département de l’Océan, Région du Sud-Cameroun.

La mission a notamment concerné le village de Ngoyang ainsi que plusieurs campements occupés par les Peuples Autochtones Bakola, avec pour objectif principal de mieux comprendre la place des Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) dans les moyens de subsistance des communautés autochtones et d’identifier les principales menaces pesant actuellement sur ces ressources.

Les échanges réalisés avec les populations ont permis de mettre en évidence une forte dépendance historique et actuelle des Peuples Autochtones à l’égard de la forêt. Celle-ci constitue simultanément un espace de vie, une source d’alimentation, de revenus, de produits médicinaux, de matériaux et de ressources fauniques.

Parmi les PFNL régulièrement cités par les personnes rencontrées figurent notamment le bitter cola (bita cola), le njansang, les rondelles, l’okok, mangues sauvages ainsi que plusieurs autres produits issus de la forêt.

Cependant, selon les témoignages recueillis, ces ressources connaissent une diminution importante de leur disponibilité. Les communautés attribuent cette situation à plusieurs facteurs, notamment l’exploitation forestière intensive, l’abattage d’arbres pour accéder aux fruits, aux écorces ou aux feuilles, les techniques de récolte destructives, la coupe non directionnelle des arbres, ainsi que la réduction progressive des espaces forestiers accessibles aux communautés. Cette situation constitue un enjeu majeur de sécurité alimentaire, de revenus et de conservation de la biodiversité.

Les témoignages recueillis convergent vers une perception particulièrement préoccupante : si les pratiques actuelles d’exploitation et de récolte se poursuivent sans mesures de gestion durable, certains PFNL essentiels pourraient devenir de plus en plus rares, voire disparaître localement.

Assainissement recommande donc la mise en place d’une approche intégrée reposant notamment sur :

  • la sensibilisation aux techniques de récolte non destructives ;
  • la domestication et la mise en place de pépinières communautaires ;
  • la création de parcelles communautaires de PFNL ;
  • la valorisation économique locale des produits ;
  • le renforcement des capacités des femmes et des jeunes ;
  • la participation effective des Peuples Autochtones à la gouvernance des ressources forestières ;
  • la mise en place d’un système communautaire de suivi de la disponibilité des PFNL ;
  • et la promotion d’une gestion durable des territoires forestiers.

La principale conclusion de la mission peut ainsi être formulée de la manière suivante :

  • La conservation des PFNL dans les territoires Bakola de Lolodorf doit être pensée comme une stratégie simultanée de conservation de la biodiversité, de sécurité alimentaire, de réduction de la vulnérabilité économique et de préservation des savoirs écologiques traditionnels.
  • La situation observée justifie donc la mise en place d’un programme communautaire de conservation et de domestication des PFNL, conçu avec les Peuples Autochtones eux-mêmes et fondé sur leurs connaissances, leurs priorités et leur participation effective.

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